Manuel des tunnels routiers

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5. CONSIDERATIONS environnementaLES LIEES A L'EXPLOITATION

Les concepteurs d'infrastructures routières optent de plus en plus souvent pour la réalisation de tunnels, étant donné leur capacité à réduire certaines nuisances telles que l'impact visuel ou la pollution sonore. Néanmoins, certains impacts restent inchangés, voire sont accentués par la présence d'un tunnel. Malgré les politiques menées pour contrôler et même réduire la circulation routière, il est prévu une augmentation du volume de trafic dans les prochaines décennies ; les problèmes environnementaux liés au trafic routier doivent donc être pris en considération.

Le comité des tunnels de l'AIPCR a plus spécifiquement approfondi l'étude des phénomènes de pollution de l'air en considérant :

  1. La pollution à l'intérieur des tunnels en tant que base technique de dimensionnement des systèmes de ventilation des tunnels routiers ;
  2. La pollution à l'extérieur des tunnels, pour traiter des problèmes de qualité de l'air dans l'environnement.
En pratique, lorsqu'on considère la pollution de l'air, les choix concernant le type de système de ventilation permettent de déterminer la position des rejets d'air et les débits correspondants ; un choix approprié des régimes de fonctionnement et des valeurs de réglage pour le contrôle de la ventilation constitue souvent un moyen plus efficace d'atteindre les valeurs cibles de concentration locale en polluants que le choix de systèmes de ventilation plus complexes.

La circulation routière, et les émissions polluantes qui en résultent, constituent un problème environnemental sérieux, particulièrement dans des espaces confinés tels que les tunnels. Ces émissions se caractérisent par la présence de divers polluants qui, à des concentrations élevées, peuvent produire des effets indésirables. Le comité des tunnels de l'AIPCR évalue traditionnellement les émissions dues aux véhicules et la qualité de l'air dans les tunnels. Pour ce faire, les modèles théoriques courants sont étudiés, des normes de qualité de l'air pertinentes sont définies et les conditions existantes sont caractérisées. Les concentrations en polluants obtenues par la mesure et par la simulation sont comparées avec les normes de qualité de l'air. Enfin, des mesures de réduction des nuisances sont proposées pour assurer une gestion convenable de la qualité de l'air dans le tunnel (Paragraphe Ventilation).

Les émissions en tunnel n'affectent la qualité de l'air qu'à une distance assez faible des points où les effluents sont rejetés ; toutefois le réseau routier adjacent agit sur l'environnement dans une zone plus étendue. En conséquence, l'impact des tunnels sur la qualité de l'air est à examiner dans le contexte du réseau routier dont ils font partie (Paragraphe Impact du tunnel sur la qualité de l'air extérieur).

Le bruit et les vibrations constituent d'autres problèmes environnementaux importants. Une pollution sonore peut apparaître durant la phase de construction, causant des risques pour l'environnement, parce qu'un haut niveau de bruit y est souvent généré. De plus, un fort volume de trafic routier pendant l'exploitation normale peut également générer de hauts niveaux de bruit, qui peuvent dépasser les limites réglementaires. La pollution sonore tend à devenir un problème d'importance croissante lié aux voies routières à grande circulation.

Les techniques de réduction du bruit reposent sur des procédures établies de longue date et mises en œuvre aux stades de la planification et de la construction. Des progrès importants ont été réalisés pour réduire le bruit à la source, comme l'utilisation de revêtements de chaussée absorbants ; l'isolation acoustique et les écrans antibruit sont devenus de plus en plus efficaces ; l'utilisation combinée de ces moyens et l'emploi d'engins de chantier améliorés peuvent minimiser la génération de bruit et de vibrations (Paragraphe Bruits et vibrations).

L'impact sur l'eau est un autre aspect à examiner durant le cycle de vie d'une infrastructure telle qu'un tunnel. Il faut procéder à l'étude détaillée de l'hydrologie de surface et souterraine avant et pendant la construction. Le tracé et les éléments structurels les moins dommageables doivent être choisis afin d'aboutir à une interruption ou une altération minimales du schéma et des processus hydrogéologiques. L'assèchement provoqué par les techniques de construction d'infrastructures est un sujet de plus en plus important. Plusieurs études peuvent être conduites afin d'analyser les effets de l'infrastructure sur l'hydrogéologie des terrains environnants et de les réduire. La pollution des eaux causée par les fuites de matériaux de construction pendant les chantiers peut être réduite grâce à des conteneurs conçus de manière à supprimer les fuites (Paragraphe Impact sur l’eau).

L'objectif final des concepteurs et gestionnaires de tunnels est de parvenir à une exploitation durable à la fois d'un point de vue fonctionnel et d'un point de vue environnemental, afin de fournir un niveau de sécurité raisonnable et de réduire autant que possible les impacts négatifs sur l'environnement. Différents éléments sont pris en compte pour accroître la durabilité opérationnelle des tunnels (Paragraphe Exploitation durable des tunnels).

Contributeurs

Ce chapitre a été rédigé par le Groupe de Travail 4 du comité C4 (2008-2011), au sein duquel :

  • Roberto Arditi (Italie) a rédigé le Paragraphe 5.0 et coordonné le travail du groupe,
  • Antoine Mos (France) et Hans Huijben (Pays-Bas) ont rédigé le Paragraphe 5.1 "Impact du tunnel sur la qualité de l'air extérieur",
  • Antoine Mos (France) a rédigé le Paragraphe 5.2 "Bruits et vibrations", 
  • Manuel Romana (Espagne) a rédigé la Paragraphe 5.3 "Impact sur l'eau",
  • Fathi Tarada (Royaume-Uni) a revu l'ensemble du chapitre,
  • Antoine Mos (France) a traduit le chapitre en français.
Références

No reference sources found.